CRÉATIVITÉ ET ANTICIPATION AU SERVICE DES BESOINS DU CLIENT

Malgré leurs fonctions très différentes au sein de l’entreprise, Dino Garavello et Geoffrey Houbart travaillent dans la même direction : être imaginatif et inventif pour anticiper les besoins futurs des clients et du marché. Une préoccupation qui guide leurs choix et qui s’inscrit dans le développement durable voulu par Knauf.

Architecte de formation, c’est l’expérience de terrain dont Geoffrey Houbart tire profit dans sa nouvelle fonction. Son objectif : développer des stratégies innovantes qui vont permettre d’anticiper les attentes du marché, de sentir les tendances afin de développer de nouveaux produits et d’être les premiers à les proposer.

« C’est intéressant et amusant de réfléchir à de nouveaux concepts que l’on peut proposer au monde de la construction. C’est un travail d’équipe avant tout. C’est grâce à la cellule prescription et à tous les commerciaux qui sont proches de nos clients que les idées les meilleures voient le jour. Bien entendu, derrière, il y a tout l’aspect technique du produit qui doit être rendu possible. Ce qui me plait dans ce challenge : suivre tout le processus de réflexion depuis le concept jusqu’à sa mise sur le marché. »

Avoir des idées innovantes, ça ne se traduit pas uniquement par des choses extrêmement compliquées.

« Que du contraire, c’est dans le quotidien que les idées les plus porteuses se situent. Un exemple tout simple : la mise sur le marché de Knauf CALORIK. Il s’agit d’une plaque de plâtre Diamond Board dont la face arrière est équipée d’une feuille PVC sur laquelle une résistance électrique a été imprimée. Cette plaque permet de délivrer une chaleur invisible et de basse puissance, ce qui correspond aux besoins actuels dans les constructions fortement isolées. »

La Belgique fait partie des bons élèves au niveau du Groupe Knauf dans les idées qu’elle propose.

« Certains nouveaux produits sont soit développés au niveau local, soit au niveau régional (la Belgique fait partie de la région Europe de l’Ouest) ou alors au niveau mondial. Dans ce cas, c’est la maison mère qui prend le relais. Il s’agit souvent de produits extrêmement innovants qui nécessitent de la recherche et des hautes technologies ou ingénieries et qui deviennent une véritable vitrine pour la marque. »

C’est une très bonne chose que les mentalités changent et que la durabilité soit un critère indispensable à respecter »

Geoffrey Houbart

Business Strategy Manager, Knauf

La durabilité n’est pas le moteur de la réflexion, mais elle intervient indubitablement dans le processus de choix des nouveaux produits. « Aujourd’hui il n’est plus pensable de mettre sur le marché des produits qui ne respectent pas l’environnement. Il y a tellement de réglementations, de labels ou de certifications qui vont dans ce sens-là qu’automatiquement, on en tient compte. Ce n’était pas le cas il y a 10 ans. C’est une très bonne chose que les mentalités changent et que la durabilité soit un critère indispensable à respecter. À titre d’exemple, on peut citer le logiciel TOTEM qui vient d’être mis en place au niveau belge et qui permet d’évaluer l’impact environnemental d’un bâtiment dans sa globalité. Chaque produit est répertorié à travers une fiche descriptive qui contient l’analyse de l’impact du produit sur son environnement. Dans le jargon on parle de l’ACV soit Analyse du cycle de vie du produit . Je pense que ces données sont importantes non seulement pour le consommateur, mais aussi pour Knauf qui peut améliorer ses process et les rendre plus performants. »

Dans la pratique, la plupart des marques s’inscrivent dans cette démarche respectueuse de l’environnement. Il faut donc arriver à faire la différence. « Au-delà des produits, Knauf s’est toujours positionné comme le partenaire de ceux qui utilisent ses produits. C’est grâce à l’échange d’expériences que l’on arrive à faire évoluer les gammes. Nos produits sont certifiés, nous travaillons avec des organismes indépendants de manière volontaire comme l’IBR qui décerne des labels pour certains de nos produits. C’est une porte d’entrée supplémentaire auprès des prescripteurs comme les architectes, car cela représente un gage de qualité indépendant. » Conscient du fait qu’il est bien de « faire », mais qu’il faut « faire savoir », Knauf a mis en place tout l’explicatif de sa démarche sur une page spécifique de son site internet : Knauf Blue. Il s’agit d’une plateforme qui regroupe toutes les informations nécessaires en lien avec notre politique environnementale (labels, recyclage, transport, certification, etc.). En outre la cellule prescription a été renforcée, comptant à son actif quatre personnes. Son objectif : sensibiliser les architectes à tous les produits innovants proposés par Knauf. « L’idée est de ne plus attendre que l’architecte s’adresse à Knauf pour avoir des renseignements sur un produit, mais au contraire, une fois de plus, d’anticiper ses besoins en lui présentant les performances des nouveaux produits. L’équipe est jeune et enthousiaste et je suis certain que cela portera rapidement ses fruits. Cette stratégie d’action nous permet en retour de connaître les attentes de la profession et de voir si nous sommes en mesure d’y répondre par la création de produits innovants. Ainsi la boucle est bouclée. »

Responsable logistique depuis de nombreuses années chez Knauf, Dino Garavello constate une évolution du métier assez impressionnante. Il faut tenir compte des besoins de l’entreprise afin de gérer les livraisons en temps et en heure, mais au-delà de ça, c’est une réflexion complète qu’il faut amorcer en termes de mobilité.

« Aujourd’hui, la congestion du trafic sur nos routes est une donnée non négligeable dans la planification de nos transports. Les trajets sont toujours plus longs, les embouteillages plus nombreux, les chantiers en centre-ville difficilement accessibles. Sans compter le manque de disponibilité de camions dû au manque de chauffeurs puisque un seul sur six est remplacé ! Et la tendance s’amplifie. »

Ce constat, bien nombreux sont ceux qui l’ont posé. Alors chez Knauf, on tente d’y remédier en apportant des solutions concrètes et porteuses d’avenir.

« Avant même d’être confronté à ce soucis, c’est en collaboration avec l’un de nos transporteurs – Jean Vincent – que nous avons imaginé un moyen pour diminuer le nombre de camions sur les routes. Le poids total du camion et de sa charge ne peut pas excéder 44 tonnes. Étant donné que les transporteurs sont payés à la tonne transportée, l’idée a été d’alléger au maximum le poids du camion. Cela permet de charger 4 palettes supplémentaires par camion. Cela représente 1 camion de moins tous les 8 camions chargés : la charge administrative et le temps du chargement sont moindre pour Knauf et la diminution des émissions de CO2 et du nombre de camions sur les routes est un plus pour l’environnement.

Aujourd’hui, tous les transporteurs qui travaillent pour Knauf ont réalisé les investissements nécessaires sur leur flotte. Cette solution, lorsque l’on y pense, est assez simple et efficace et devrait se généraliser à d’autres entreprises. Si toutes les entreprises faisaient ce changement, cela pourrait influencer positivement les problèmes de trafic. C’est juste une prise de conscience et une volonté à avoir.»

Le transport par route est le plus rapide et répond aux besoins actuels d’une société qui veut tout, tout de suite. En tant qu’entreprise responsable, Knauf ne peut pourtant pas limiter sa politique à la route. L’avenir passe obligatoirement par la multimodalité. « Lorsque l’on se penche sur la question tous les jours comme je le fais, on ne peut pas rester insensible au fait que nous devons revoir notre manière de fonctionner. Les embouteillages, la taxe kilométrique, le coût du carburant, la future interdiction d’entrer dans les villes font que nous devons réfléchir à des solutions alternatives durables. Chez Knauf, les sites de production d’Engis et Wielsbeke sont respectivement en bordure de Meuse et de la Lys. Nous avons donc mis en place, depuis plusieurs années, un groupe de réflexion pour développer le transport fluvial. Les critères sont totalement différents : il faut prévoir les choses, les quantités transportées sont largement supérieures, les collaborations entre les différents intervenants nécessitent une véritable coordination, on fonctionne en mono produit… » Faire le choix d’une modalité alternative n’est pas sans nécessiter des investissements conséquents.

Les embouteillages, la taxe kilométrique, le coût du carburant, la future interdiction d’entrer dans les villes font que nous devons réfléchir à des solutions alternatives durables.

Dino Garavello

Responsable Logistique, Knauf

Outre le fait de créer un partenariat avec un armateur, il faut s’équiper. « Nous avons commencé en 2001 en instaurant le transport par bateau entre nos usines. Ce fut immédiatement une réussite. Les produits semi-finis allaient de silos à silos. Ensuite, nous avons aménagé notre quai d’un système « lift » conçu en interne afin que les clients puissent venir se fournir directement. Pour l’instant, nous livrons en direct un client à Kallo et faisons du « cross docking » sur un quai à Bruxelles. Enfin, nous sommes passés du transport en vrac au transport des palettes. Cette étape a été la plus compliquée à franchir. Aujourd’hui, nous sommes les premiers à être aussi visionnaires. Peu d’entreprises sont aussi loin que nous dans leur réflexion. Lorsque l’on sait qu’une tonne transportée par bateau est trois fois moins nuisible qu’une tonne sur la route, ça nous conforte dans nos démarches et notre volonté d’aller de l’avant, car le fait d’être précurseur fait que l’on rencontre énormément d’embuches. C’est parfois au moral qu’on avance ! »

Après avoir abordé le transport routier et fluvial … il reste le ferroviaire ! Malgré sa proximité avec une voie de chemin de fer, la concrétisation de cette option ne voit pas encore le jour. « Nous y avons pensé, bien entendu. Le principal frein est que pour le transport ferroviaire, il faut avoir des distances assez longues à parcourir. Or le territoire de la Belgique est petit et largement desservi par nos sociétés idéalement situées pour couvrir une grande partie de celui-ci. Les nœuds multimodaux ne sont pas encore prêts et si l’on ne fait pas du quai à quai, chaque rupture de stock nous fait perdre l’intérêt acquis : en temps, manutention, coût et qualité du produit. Ceci dit, il faut laisser un peu de travail aux générations suivantes et qui sait, le train fera peut-être partie des alternatives à développer ! »